GOLF DE CHIBERTA - 1927
Aux nombreux terrains de golf que possède déjà la France, un nouveau
vient de s’ajouter que ses proportions, sa beauté pittoresque et l’attrait
de son parcours signalent à tous les amateurs de ce sport de plus en plus
répandu chez nous : c’est celui de Chiberta , sur la côte basque, auprès
de Biarritz.
Tout commence en 1924 : la société « Biarritz Anglet la Forêt » devint
propriétaire de 150 hectares de forêts et de dunes pour y installer un
parcours de golf.
En 1927, le célèbre architecte Tom Simpson pose ses crayons face à
l’Atlantique pour le plaisir du Duc de Windsor, à l’origine de ce projet
ludique. Dans le contrat de l’architecte, il est stipulé que Simpson devait
créer le plus beau golf du monde !De 1928, année des premiers
Championnats de France professionnels, à 1938, CHIBERTA devient un
des hauts lieux du sport et de l’élégance raffinée de la Côte basque. Le
Club-House de Chiberta est le théâtre d’événements qui rassemblent tout
le Gotha de l’époque. Mais la magie des lieux inspire aussi les poètes,
ainsi ces quelques lignes du Comte de Jouffroy d’Abbans
Depuis le Club House, le parcours s’incline en pente douce jusqu’à l’océan.
C’est là un cadre de féerie, un paysage d’une savante harmonie où
tout se trouve réuni pour provoquer l’émerveillement : un lac d'une
poésie paisible, des verdures moelleusement vallonnées et une profusion
de pins aux fûts argentés dont la verdure plus sombre fait valoir les
jades et émeraudes des gazons.
En 1940, CHIBERTA sera totalement bouleversé par l’occupation, et c’est
en 1951 que Monsieur Van DAELE reprend le domaine et entreprend de le
rénover.
En 1961, Monsieur CHASSAGNY, charmé par la beauté du site, assume toutes les opérations de mécénat liées à la vie sociale et sportive du club ainsi qu’aux travaux nécessaires pour faire reverdir de parcours apprécié de tous.
La création, en 2002, du parcours 9 trous de l’IMPERATRICE permet d’avoir un outil de formation pour les jeunes et d’offrir un parcours aux débutants, tout en étant agréable voire techniquement délicat pour les joueurs confirmés.
Depuis quelques années, une superbe promenade côtière isole les links de la plage. Les fairways du bord de mer sont, ainsi, moins sujets à l’envahissement du sable durant l’hiver.
Sur son lit de sable, CHIBERTA est jouable toute l’année, même après des averses épisodiques dont la Côte Basque nous réserve la surprise.
Mais gare au vent, il pourra, sérieusement, alourdir votre carte de score !
Quatre-vingt-dix ans après sa création, CHIBERTA attire toujours autant de joueurs. Vous allez adorer, c’est certain !...
CHIBERTA : sans doute un des plus beaux golfs basques, c’est un mélange de « links et d’in-land », particulièrement varié. Dès le green du 2, vous serez au bord de mer pour terminer au milieu d’une splendide pinède.
on tracé a été exécuté par M. Simpson, l’architecte spécialisé en cet art dont les profanes ne soupçonnent pas les difficultés. Il s’étend à la fois sur les dunes, le long de la mer, et à travers la forêt de pins que ses links entaillent profondément.
L’aspect du paysage est d’une variété continuelle : voici une colline dont la croupe vert Véronèse ondule sous le soleil; voilà un immense lac où se mire le rideau des grands arbres.
D’un côté, c’est l’océan qui gronde, de l’autre, la floraison d’or des genêts. Du tapis de velours vert les vapeurs d’eau s’élèvent, voilant l’horizon d’une diaphane gaze mouvante.
La lumière éclate sous le ciel bleu pâle ou s’estompe des ombres de la pinèdes. Le vent du large vous fouette de ses senteurs marines. Dans le silence troublé seulement par le grondement des flots, on goûte l’enivrant plaisir de la solitude, quand soudain, sur la route cavalière longeant le parcours, débouche un groupe d’amazones qui vous rappelle la proximité de la vie élégante.
Avant que le golf de Chiberta ne fût ouvert au public, M. Bernard Darwin, dont l’opinion fait autorité en Angleterre, fut invité à le visiter et à l’essayer.
Il a dit, dans le Times, son admiration pour cette oeuvre » grandiose », tout en traitant de « diabolique » le vaste parcours de plus de 5 kilomètres et demi, hérissé d’embûches qui raviront les joueurs.
» Prenez, dit-il, le Touquet, Swinley Forest et Saint-George’s Hill et mélangez-les ensemble, ajoutez-y le lac de Wentworth, un bon morceau de Pine Valley, disposez le tout sur le rivage où souffle la brise de l’Atlantique, et vous aurez quelque idée de Chiberta. »
M. Bernard Darwin poursuit : » C’est un parcours magnifique. J’en connais peu où il puisse être aussi captivant d’assister à une partie de grand style; peu où un coup correctement exécuté, quelle que soit la classe du joueur, soit aussi bien récompensé et donne autant de satisfaction. »
Sur la qualité même du terrain, il fournit aussi les précisions suivantes : « Les greens sont déjà merveilleusement unis et exempts de mauvaises herbes. Les fairways n’en sont pas encore tout à fait au même point et ont donné bien du mal aux organisateurs. La première fois que l’on ensemença le parcours, il s’éleva un vent de tempête qui dispersa toutes les graines. On recommença et ce fut alors un été exceptionnellement brûlant qui sévit. »
A l’heure actuelle, toutefois, le gazon est abondant, quoique un peu rude et touffu par endroit; mais, comme on dispose d’eau en abondance, il ne devrait plus y avoir de tragédies de ce genre. Le terrain sera-t-il marin ou continental, et tout le parcours lui-même sera-t-il maritime ou terrestre, je ne saurais le dire.
Il y a, par exemple, des coups qui sont essentiellement » du bord de la mer », comme celui qui passe au-dessus de la dune gigantesque du numéro 7, que Sandwich ou Burnham serait fier de posséder. Un trou, – peut-être le meilleur de tout le parcours, – le 12*, ( *sauf erreur, c’est le 6 actuel ou l’ancien 15 et non le 12 comme indiqué. APGF. ) est aussi bien du bord de la mer que de l’intérieur des terres; car le départ se fait sur un terrain sablonneux et inculte qui ne peut se rencontrer que sur le bord de la mer, et le second coup, par-dessus une vallée dont le gazon est bordé de pins.
Mais, quant au vent, il n’y a pas de doute possible : il est nettement maritime. »
Chiberta, d’ailleurs, ne veut pas être qu’un golf, mais le noyau de toute une cité touristique et climatique : parcs et jardins de plaisance, villas, chalets et cottages, champ de courses, terrain de polo, terrain de football, water-polo, bains de mer et bains d’eau douce courante, piscine pour bains de mer tièdes, tels sont quelques-uns des projets dont la réalisation a commencé.
Dans ce cadre de nature à la Puvis de Chavannes, l’implacable progrès s’est installé. Il faut souhaiter que cette transformation moderne n’en altère pas trop, malgré tout, la poésie et la beauté.

