GOLF D'ETRETAT 1908
Le golf d’Etretat est l’un des plus remarquables
golfs de la France. Le club a été construit en 1908. Il s’agit d’un site
emblématique implanté dans une région marine. Comme tous les autres golfs, il
est ouvert aussi bien à ses membres qu’aux joueurs de passage. Perché au sommet
des falaises de la Normandie, le golf d’Etretat dispose d’un parcours qui est
continuellement en évolution. C’est un club très prisé des golfeurs confirmés,
car il possède un trou n° 10 qui rend l’expérience à la fois difficile et
amusante.
Le golf d’Etretat fut créé en 1908, principalement à l’initiative, et comme
nombre de golfs marins (Wimereux, Hardelot, Dieppe, Dinard, Biarritz), de
Britanniques venant séjourner l’été sur les côtes françaises. De fait, le
premier président du Golf d’Etretat fut Bernard Forbes, 8e comte de Granard, et
l’on compte d’autres pairs de la couronne parmi les tout premiers membres
d’honneur du club : Lord Denman, futur vice-gouverneur d’Australie, ou Lord
Wodehouse, baron de Kimberley.
Le parcours, qui ne comptait que 13 trous à l’origine (il
fallait rejouer les cinq premiers pour effectuer, sur environ 4300m, un vrai 18
trous), fut dessiné par Julien Chantepie, architecte du golf de la Boulie, en
collaboration avec Arnaud Massy, golfeur professionnel qui enseigna à Etretat
et reste à ce jour le seul Français à avoir gagné le British Open (1907).
Sur des terres louées à M. Dubosc, propriétaire du château
de Fréfossé, au Tilleul, s’éleva bientôt un imposant pavillon à l’emplacement
du green du 11 actuel. S’il fallait gagner à pied ce premier club-house, on
pouvait y goûter le five o’clock tea en jouissant du même panorama qui enchante
les visiteurs de nos jours. La tonte des terrains était alors en grande partie
assurée par des moutons laissés en pâture à cet effet.
De nombreuses améliorations furent apportées après la guerre
de 1914-1918, sous l’impulsion de la Société Foncière du Casino qui, afin de
s’attirer une plus forte clientèle, prit le contrôle du Golf mais aussi celui
du Lawn-Tennis (célèbre avant le golf et fondé, peu ou prou, par les mêmes
personnes). Il est vrai que les transports tant ferroviaires que routiers
étaient alors en plein essor, mettant Étretat a à peine 4 heures de Paris.
Durant cette période, un nouveau club-house fut construit en
surplomb de l’actuel hôtel Dormy House (et l’ancien purement et simplement
rasé), le parcours porté à 18 trous et des accès automobiles aménagés côté
route du Havre. Après la faillite de la Foncière, et avec le soutien financier
de M. Dubosc, l’Association sportive du golf d’Etretat repris le flambeau en
1937, sous la houlette de Jacques Compère et de quelques vieux galets, Albert
Mouchet ou Maxime Lindon pour ne citer qu’eux.
La guerre 39-45 aurait pu signer la fin du golf, car ses
installations furent saccagées et les terrains minés. C’était sans compter sur
l’opiniâtreté de M. Compère, qui réussit à obtenir des dommages de guerres et
même la main-d’œuvre des prisonniers de guerre pour procéder au déminage. À sa
réouverture, en 1949, le club-house accueillit également les membres du Havre,
alors dépourvus de parcours… Lorsque M. Dubosc, infatigable argentier du golf,
quitta la région en 1958, les membres se cotisèrent pour financer le rachat des
terrains… effectué à meilleur compte par la ville d’Étretat, en contrepartie
d’un bail longue durée. Cet accord, comme les efforts de l’association pour
entretenir et développer le club, ne se sont jamais démentis depuis.
Profondément modifié en 1992, le parcours s’étend désormais
sur plus de 6 kilomètres, offre une variété de jeu et de paysages propre à
ravir les amateurs, ainsi qu’un restaurant gastronomique dans un club-house
rénové et accessible à tous… sauf à nos amis les chiens. Aujourd’hui jumelé
avec un club anglais, le Hockley Golf Club (Winchester), le golf d’Etretat
perpétue la tradition d’alliance outre-manche qui présida à sa naissance et est
le témoin toujours vivace de l’âge d’or d’Étretat.

























