25 septembre 2026

HISTOIRE DU GOLF : EPISODE 16

 GOLF DE WIMEREUX 1901

Wimereux est la station balnéaire à la mode. Les touristes français y font construire ou y louent des “chalets”. Les bains de mer et le climat, ont une réputation internationale. Les touristes anglais débarquent en masse dans les hôtels de luxe, viennent aux courses et apprécient la cuisine française. 

Quelques Boulonnais initiés au jeu de golf en Angleterre et les hôteliers locaux pour satisfaire leur clientèle, cherchent à créer un “terrain de jeu” pour attirer la “gentry”.

Le Boulogne Wimereux Golf Club est créé en 1900 ; un terrain est aménagé sur 2 km, de la Crèche à l’hôtel Splendid (entre Boulogne et Wimereux). Cette tentative est éphémère. Le 16 août 1900 en l’étude de Maître Dezairs, notaire à Boulogne est adjugé un droit exclusif d’établir un “jeu de golf ” sis à l’hippodrome d’Aubengue propriété de M. Lonquéty qui cherche à développer la station de la Pointe aux Oies.


Pendant la guerre de 14/18, Les links sont désertés par les touristes mais la région sert de base arrière à toutes les troupes alliées. De nombreux hôpitaux sont installés dans les hôtels de Boulogne et Wimereux pour accueillir les blessés. Les officiers anglais au repos ou employés des hôpitaux investissent le club house et en font leur mess. D’autres viennent des environs pratiquer leur sport favori. Ils font entretenir le terrain par les soldats. Alexander Flemming, (anobli après sa découverte de la pénicilline) tente de soigner la gangrène des blessés. Il pratique, pour ses recherches, des dissections toute la journée ; la nuit il vient s’exercer sur le putting green du Splendid à la lumière des phares de sa voiture conduite par son chauffeur : il sera vertement réprimandé par la Military Police qui craint les bombardements allemands. Il sera un joueur assidu du terrain de Wimereux pendant cette sombre période.

Après la guerre, un industriel anglais M. F.N. Pickett rachète toutes les actions de l’Association. Il demande à 2 architectes le Major Campbell et le major Hutchinson de reconstruire un golf. Le terrain devient un 18 trous de 5684 m. construit sur le modèle des golfs écossais. Il connaît un succès extraordinaire et devient un parcours de championnat connu internationalement. Le Boulogne Golf Club, fort de ses 200 membres, éclipse le Boulogne Golfing Society qui ne compte que 40 sociétaires essentiellement des personnes du milieu maritime boulonnais. A cette époque le club a un président anglais et deux comités, un anglais et un français ! J.E. Carter viceconsul de Grande-Bretagne arrive au comité. Il jouera un rôle important dans la relance du club après guerre. Le club a un rayonnement que l’on mesure mal aujourd’hui : en 1935 il reçoit le Ladies Open Championship gagné par Miss Molly Gourley, Présidente de la Ladies Golfing Association. La championne de France Mlle Thion de la Chaume joue sur le terrain. A. Massy remporte l’Open Professionnel Chapionship. Les rencontres internationales France-Hollande et France-Belgique se jouent à Wimereux.

En août 39 les officiers anglais basés à Boulogne et Calais investissent le terrain. Ils sont remplacés dès juin 40 par les officiers de l’armée allemande et par les ingénieurs de l’organisation Todt qui occupent le club house et la propriété de M. René Depreux, le château Barry. Ils construisent une voie ferrée Aubengue – Pointe aux Oies non pour amener des golfeurs sur le terrain mais pour amener sur le golf les canons qui enverront leurs premiers obus de 280 dès le mois d’août sur l’Angleterre. L’armée allemande installe un vaste dépôt de matériaux appelé Pipark pour alimenter les différents chantiers : Blockhaus, batterie de D.C.A., ligne de défense. De ce dépôt partait un réseau de voies étroites pour wagonnets destinés au transport des matériaux, vivres et munitions. Le terrain est coupé de routes en béton et de voies de chemin de fer. Les blockhaus apparaissent. Certains affirment qu’Hitler serait venu inspecter les travaux entrepris sur le golf le 24 décembre 1940. 

Le terrain est méconnaissable pour les golfeurs : 

les blockhaus sont partout présents, le terrain est miné, les routes et les voies ferrées le traversent et les raids aériens ont laissé de nombreux cratères. Il sera abandonné par les golfeurs durant 15 ans.

Si M. F.J.E. Carter est devenu Consul de Grande-Bretagne cela ne l’empêche pas d’avoir gardé intacte sa passion pour la balle blanche et pour le terrain de Wimereux en particulier. Il connaissait très bien Winston Churchill pour avoir combattu avec lui en Afrique du Sud pendant la guerre des Boers. Faits prisonniers ils s’étaient évadés ensemble. Il fait le lien entre les bonnes volontés anglaises et françaises intéressées par la reconstruction du golf et notamment Messieurs René Depreux, Georges Caux, André Fourmentin, Joseph Malahieude… Georges Caux se charge du difficile dossier des dommages de guerre qu’il conduit remarquablement. 

René Depreux est porté à la présidence de l’Association et fédère les énergies pour lancer la reconstruction qu’il finance pour partie à titre personnel. M. Lévrier est choisi comme architecte pour le dessin d’un nouveau parcours qui compte 9 trous côté mer et 9 trous côté campagne. André Fourmentin, cheville ouvrière de ce déploiement d’énergie et de générosité, récupère des arbres mis à la disposition de la région Boulonnaise pour les planter sur le golf. L’entreprise de Joseph Malahieude construit le club house actuel.





23 septembre 2026

CARTE DES GOLFS EN 1927


 

HISTOIRE DES GOLFS : Episode 16

 

1899 : Deauville

À Deauville, l'initiative revient pour une fois à des Français : le prince de Poix, le comte Florian de Kergorlay et Robert Hennessy fondent en 1899 l'un des tout premiers golfs français sans parrainage britannique. Le parcours de vingt-sept trous s'installe aux abords de l'hippodrome de Deauville-Clairefontaine, et James Braid, Harry Vardon et Arnaud Massy viennent y disputer un tournoi professionnel resté célèbre en 1910. Mais la Seconde Guerre mondiale lui est fatale : les troupes allemandes récupèrent son sable pour construire les batteries du mont Canisy, et l'Old Course ne rouvre jamais. Son héritage se prolonge néanmoins avec le New Golf, ouvert dès 1929 sur les hauteurs de la ville — devenu aujourd'hui le Golf Barrière de Deauville.



21 septembre 2026

HISTOIRE DES GOLFS : Episode 15

 

1899 : Valescure

Fondé en 1899 par les villégiateurs britanniques de Saint-Raphaël, sous l'impulsion de Lord Stuart Rendel, un industriel proche du Premier ministre William Gladstone, ce club inaugure ses neuf premiers trous le 17 janvier 1900 * en la présence du grand-duc Michel de Russie — déjà artisan du golf de Cannes. Son véritable âge d'or arrive avec la présidence d'Amédée de Guerville, personnage haut en couleur, ancien tuberculeux devenu conférencier auprès des têtes couronnées. C'est lui qui commande, en 1909, l'extension du parcours à dix-huit trous auprès du grand architecte britannique Harry Colt. Le club-house de la même année, fabriqué en kit par la firme anglaise Boulton & Paul et expédié depuis Norwich, est aujourd'hui classé bâtiment remarquable. Même si sa date exacte de fondation fait l'objet de débats (l'année 1895 est généralement citée **), le golf de Valescure demeure l'un des parcours historiques les plus prestigieux de la Côte d'Azur.



20 septembre 2026

HISTOIRE DES GOLFS : Episode 14

 

1897 : Dieppe

À Dieppe, la station balnéaire à la mode auprès des Britanniques ne pouvait longtemps se passer de golf. Sous l'impulsion du vice-consul d'Angleterre William Lee-Jortin, une souscription réunit une centaine de personnalités, et l'on fait appel au meilleur architecte du moment : Willie Park Junior, double vainqueur du British Open, attaché permanent au Royal & Ancient de St Andrews. Le parcours, inauguré le 22 avril 1897 en même temps que le casino, épouse le bord des falaises. Fermé pendant la Seconde Guerre mondiale — le site sert alors de position de défense allemande —, il ne rouvre qu'en 1954. Doyen des golfs normands, le golf de Dieppe-Pourville continue d'offrir ses dix-huit trous et ses vues imprenables sur la Côte d'Albâtre.


Une partie au golf de Dieppe-Pourville, in « La Vie au grand air » du 1er octobre 1898. © Bibliothèque nationale de France



19 septembre 2026

HISTOIRE DES GOLFS : Episode 13

 

1896 : Le Mesnil-le-Roi

Premier « Golf de Paris », le club du Mesnil-le-Roi naît en 1896 de la volonté d'un petit groupe de sportifs — Pierre Deschamps, le capitaine Essex Digby, le duc d'Uzès — décidés à offrir à la capitale son propre terrain. Ils louent une quarantaine d'acres de prairie à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Paris et y tracent neuf trous, sous la présidence du marquis de Jancourt. L'affaire tourne court : les éleveurs locaux, excédés que ce jeu « dangereux » aux balles bizarres en gutta-percha dérange leurs chevaux et leurs vaches laitières, poussent les golfeurs à chercher ailleurs. En 1901, les membres se scindent et fondent deux nouveaux clubs, dont celui de La Boulie, près de Versailles, qui deviendra le grand rendez-vous parisien du golf. Le parcours originel du Mesnil-le-Roi disparaît alors.



Présentation du Golf de Paris, in « The Golfing Annual » de 1899. © Google Books

18 septembre 2026

HISTOIRE DES GOLFS : Episode 12

 

1896 : Compiègne

Au cœur du parc impérial de Compiègne, dans l'ombre château jadis fréquenté par Napoléon III et l'impératrice Eugénie, un parcours de dix-huit trous voit le jour en 1896, sous l'impulsion du lieutenant français Robert Fournier-Sarlovèze, qui avait découvert le golf lors d'un séjour de convalescence à Dinard. Son heure de gloire sonne quatre ans plus tard : faute d'un parcours suffisamment développé plus près de Paris, c'est le golf de Compiègne qui accueille les épreuves de golf des Jeux olympiques de 1900. L'Américain Charles E. Sands remporte le titre masculin, tandis que Margaret Abbott devient, chez les dames, la toute première championne olympique de l'histoire — un exploit dont elle n'a probablement jamais mesuré la portée. Après une histoire longue mais mouvementée, le parcours a hélas fermé ses portes en 2017, mais son nom reste attaché pour toujours à l'histoire du mouvement olympique.


Des golfeurs à Compiègne en 1909. © Bibliothèque nationale de France



LES GOLFS DE LA REGION DANS LA PRESSE


 

15 septembre 2026

HISTOIRE DES GOLFS : Episode 11

 

1895 : Pornichet

L'idée d'un golf à Pornichet germe dès 1881 dans l'esprit de quelques artistes fondateurs d'un hôtel-casino, mais le projet capote faute de moyens. Il faut attendre 1895 pour qu'un véritable club voie le jour dans le quartier de Sainte-Marguerite, avec ses neuf trous vallonnés dominant la côte jusqu'à l'île de Noirmoutier. Les fondateurs, menés par Frédéric Ortmans et Charles MacCarthy Spiers, en font un lieu de villégiature apprécié, quoique jugé « rudimentaire » par la presse britannique de l'époque. Le club végète pendant les années 1900 et 1910, puis disparaît progressivement, sans doute concurrencé par le golf voisin du Pouliguen, ouvert en 1926. Il n'existe déjà plus lorsque le propriétaire des terrains, Charles Mercier, meurt en 1932.

Vous pouvez trouver des références à ce golf dans mon livre 100 ans de golf à La Baule